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Des chercheurs français découvrent un mécanisme clé de la maladie d'Alzheimer

Sciences
mardi 10 mars 2026
12:32
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Des chercheurs français découvrent un mécanisme clé de la maladie d'Alzheimer
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Une équipe de chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’Université et du CHU de Lille a identifié pour la première fois l’implication des tanycytes dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer. 

Dans une étude récente publiée dans la revue scientifique Cell Press Blue, les scientifiques se sont intéressés au rôle de ces cellules situées dans l’hypothalamus. Les tanycytes sont déjà connus pour assurer des échanges entre le système sanguin et le liquide céphalorachidien (LCR), qui circule dans le cerveau. Les chercheurs ont cherché à comprendre leur implication dans le transport de la protéine Tau, un biomarqueur clé dans le diagnostic de la maladie d’Alzheimer.

Chez une personne en bonne santé, les neurones libèrent cette protéine dans le liquide céphalorachidien, avant qu’elle ne soit ensuite éliminée dans le sang. En revanche, chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, la structure de Tau se modifie. D'après l'Inserm, elle ne remplit alors plus correctement sa fonction à l’intérieur des neurones et s’accumule sous une forme pathologique dans le cerveau. Cette accumulation perturbe progressivement le fonctionnement cérébral et entraîne la dégénérescence puis la mort des neurones, responsables du déclin cognitif caractéristique de la maladie. 

L'étude montre, à la fois chez l’animal et chez l’humain, que les tanycytes participent au transport de la protéine Tau du liquide céphalorachidien vers le sang. Il y est également révélé que la structure de ces cellules est altérée dans le cerveau de patients décédés des suites de la maladie.

"Nos résultats montrent de façon inédite la capacité des tanycytes à transporter la protéine Tau du liquide céphalorachidien vers le sang et l’importance de ces cellules dans la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer", explique Vincent Prévot, directeur de recherche à l’Inserm. Selon lui, la dégradation de ces cellules pourrait contribuer directement au développement de la pathologie.

Ces travaux ouvrent ainsi de nouvelles perspectives : les tanycytes pourraient devenir une cible thérapeutique pour ralentir ou prévenir l’évolution de la maladie.