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Écoutez l'article L’économie britannique pourrait subir un impact « très significatif » en raison de la guerre en Iran, a averti mardi l’Office for Budget Responsibility (OBR).
Cette mise en garde émise par l’organisme officiel de prévision intervient alors que le conflit au Moyen-Orient ravive les tensions sur les marchés et semble fragiliser la stratégie budgétaire du gouvernement conduit par le parti travailliste.
Dans ses nouvelles prévisions, l’organisme chargé de surveiller les finances publiques a revu à la baisse sa projection de croissance de l’économie britannique pour l’année 2026 à 1,1%, tout en soulignant que ses estimations sont entourées d’une « forte incertitude » liée à la guerre contre l’Iran. Les chiffres ont été finalisés avant l’escalade militaire du week-end dernier entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a provoqué une flambée des prix de l’énergie et envoyé des ondes de choc dans les marchés mondiaux.
« Le conflit au Moyen-Orient pourrait avoir des impacts très significatifs sur l’économie mondiale et britannique », a souligné l’OBR.La hausse des prix du pétrole complique la tâche de la Bank of England, qui tente de ramener l’inflation à son objectif de 2%, soulignent les analystes de la place financière londonienne.En janvier dernier, l’inflation britannique s’établissait à 3% en janvier.
Chaque augmentation de 10 dollars du baril de pétrole devrait ajouter environ 0,1 point de pourcentage à l’indice des prix dans les mois suivants, selon les estimations citées par les analystes.Ils soulignent que le Royaume-Uni est particulièrement vulnérable aux chocs énergétiques, son marché de l’électricité étant largement indexé sur les prix du gaz.
Présentant mardi ces prévisions au Parlement de Westminster dans ce contexte d’incertitude, la ministre des Finances, Rachel Reeves, a défendu la solidité de sa ligne budgétaire, centrée sur la « stabilité ».
Elle a souligné que la marge de manœuvre dont elle dispose par rapport à ses règles budgétaires constitue un « socle » permettant d’amortir les turbulences actuelles.« Ce gouvernement a le bon plan économique pour notre pays dans un monde devenu encore plus incertain », a souligné la Chancelière de l’Échiquier.
Si la croissance attendue pour 2026 a été revue à la baisse, l’OBR a légèrement relevé ses projections pour 2027 et 2028 à 1,6 %. L’institution anticipe également un recul plus rapide de l’inflation que prévu à l’automne.Le parti conservateur, principale formation d’opposition, a dénoncé un discours jugé « trop optimiste » face à la dégradation de l’environnement international.De l’avis des analystes, la guerre en Iran représente un test majeur pour la stratégie économique du gouvernement travailliste, fondée sur l’hypothèse d’un recul durable de l’inflation, d’une détente monétaire et d’un redressement de la confiance des entreprises.
Reeves doit désormais composer avec un environnement international instable qui menace de retarder la reprise et d’alourdir la facture énergétique, au moment où le pouvoir d’achat reste un enjeu politique central au Royaume-Uni, avertissent les analystes.La chancelière de l’Échiquier a également saisi l’occasion pour lancer un appel à l’unité derrière le Premier ministre Keir Starmer, soulignant que « l’instabilité politique pourrait mettre en péril tous les progrès accomplis ».
Elle a fait savoir qu’elle engagerait dans les prochains jours des discussions avec les secteurs les plus touchés par la guerre en Iran, notamment les entreprises énergétiques de la mer du Nord pour mieux protéger l’économie face aux chocs à venir.