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Médias marocains : Méfiances, concurrence des plateformes en ligne, économie latente…Mohammed Haitami répond

Culture
samedi 16 mai 2026
17:33
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Médias marocains : Méfiances, concurrence des plateformes en ligne, économie latente…Mohammed Haitami répond
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Y-a-t'il une baisse de la qualité des médias traditionnels au Maroc ? 

Cette question posée à Mohammed Haitami, PDG du groupe Le Matin, fait écho aux déclarations de l’économiste Abdelmalek Alaoui chez nos confrères de Telquel : "Quand vous allumez votre tablette et que vous cherchez à vous informer, combien de médias crédibles, rigoureux, qui vérifient et sourcent leurs informations et respectent les règles déontologiques, trouvez-vous réellement ?"

Selon l’économiste, la crédibilité serait liée surtout à des raisons économiques. Avis partagé par le patron de Le Matin, qui ajoute le manque de confiance des Marocains vis-à-vis des médias rappelant que "seulement 28% des Marocains font confiance à la presse".

La question des revenus publicitaires est centrale selon lui "Quand vous avez ⅘ de la publicité qui va aux GAFAM, comment vous voulez avoir de bons journalistes, les payer pour faire des enquêtes…Vous avez donc une baisse de la qualité"


Les GAFAM sont dans une logique de prédation

Au-delà même de l'évolution technologique de ces GAFAM mettant les médias traditionnels en déroute, Haitami parle de la place de l’intelligence artificielle qui selon lui "est en train de détrôner ces plateformes". En mettant en garde ses confrères, il affirme qu’il faut intégrer l’IA dans "le raisonnement des médias et des maisons de presse".

Les médias doivent "prendre le virage", insiste-t-il, tout en affirmant que son groupe s’était aussi mis à l’intelligence artificielle. "Si vous recevez un rapport de la cour des comptes qui fait 50 pages, vous pouvez le résumer en 3 minutes".

La question se pose alors : cela ne cause-t-il pas de problème ? Mohammed Haitami a donc tenu à le rassurer : "Soit vous adapter cette intelligence artificelle pour améliorer votre travail, soit d’autres le feront à votre place et le ferons mieux. On est obligé de s’adapter, on ne peut pas pleurer sur le passé".

Le débat est ouvert.