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Statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire : Ce que change le nouveau décret

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vendredi 15 mai 2026
15:17
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Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine Midaoui, ont présenté, le 15 mai 2026, lors d’une conférence de presse conjointe, les principales dispositions et les objectifs du décret n° 2.26.342 relatif au statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire en formation.

Ce texte, publié au Bulletin officiel le 4 mai 2026, actualise un cadre réglementaire datant de 1993 et s’inscrit dans le cadre du chantier Royal de généralisation de la protection sociale et de la refonte du système national de santé.

Il introduit également plusieurs évolutions visant à améliorer les parcours de formation, à renforcer l’attractivité du secteur public et à mieux répondre aux besoins du système national de santé.

Une évolution du cadre réglementaire

Cette réforme vise à moderniser le cadre de formation et d’engagement des étudiants en médecine afin de renforcer l’attractivité du secteur public, d’améliorer la stabilité des parcours professionnels et de mieux répondre aux besoins du système national de santé.

À travers le décret n° 2.26.342, le Gouvernement engage une évolution majeure du modèle de gestion des ressources humaines médicales, en passant d’une logique de contrainte à une logique de
fidélisation volontaire, structurée et valorisée.

Attractivité et qualité de formation

La réforme s’articule autour de quatre leviers principaux visant à renforcer la présence médicale sur l’ensemble du territoire national.

La révision structurelle de la durée d’engagement constitue le premier axe. Le régime d’engagement de huit années est progressivement ramené à un régime pérenne de trois années. Cette mesure vise à aligner le cadre réglementaire sur les réalités observées sur le terrain et à encourager les lauréats à rejoindre le secteur public dans des conditions plus attractives et plus durables.

Le deuxième axe concerne l’accélération de la spécialisation, notamment l’accès à l’internat. Le concours d’accès à l’internat est désormais ouvert dès la fin de la quatrième année d’études, contre la cinquième année précédemment. Cette mesure permet d’optimiser le calendrier de formation et de répondre plus rapidement aux besoins en médecins spécialistes.

Le troisième axe porte sur la consolidation du statut juridique au sein des Groupements sanitaires territoriaux (GST). Le décret précise les droits et obligations des différentes catégories d’étudiants en formation, à savoir les stagiaires observateurs, les externes, les internes et les résidents. Leur intégration progressive au sein des GST leur offre un cadre d’exercice moderne, structuré et pleinement intégré à l’offre de soins régionale, tout en renforçant la territorialisation de la formation et l’adéquation entre les besoins régionaux et les parcours de spécialisation.

Enfin, le quatrième axe concerne la revalorisation du statut des résidents et l’amélioration de leurs conditions de formation. La réforme met fin aux situations professionnelles insuffisamment stabilisées en généralisant un cadre statutaire rémunéré et structuré. Les résidents sont désormais nommés dès la première année de résidanat au premier échelon du premier grade du cadre des médecins, pharmaciens ou médecins-dentistes, avec attribution de l’indice 509, garantissant une meilleure stabilité administrative, matérielle et sociale.

Lors de leur nomination, les résidents signent un engagement de servir immédiatement après l’obtention du diplôme de spécialité, pour une durée définie conformément aux dispositions transitoires prévues par le décret et aux textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Le décret consacre également le principe de préservation des acquis et des droits des promotions actuellement en formation.

Un calendrier de transition maîtrisé et responsable

La durée d’engagement au travail des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes diplômés des promotions 2024 et 2025 est fixée à six années, à compter de la date de leur nomination.

Pour les résidents, la durée de l’engagement est fixée, selon leur promotion de remise de diplôme, comme suit :

  • Promotion 2026 : six ans à compter de la date de nomination ;
  • Promotion 2027 : cinq ans à compter de la date de nomination ;
  • Promotion 2028 : cinq ans à compter de la date de nomination ;
  • Promotion 2029 : quatre ans à compter de la date de nomination ;
  • Promotion 2030 : quatre ans à compter de la date de nomination ;
  • Promotion 2031 : quatre ans à compter de la date de nomination ;
  • Dès 2032 : entrée en vigueur du régime définitif de trois ans.

Ce mécanisme progressif vise à assurer la continuité de la présence médicale, à accompagner la transition du système de santé et à garantir une mise en œuvre maîtrisée de la réforme.

Projections et impact sur l’offre de soins nationale

Grâce à une augmentation de 133 % des capacités de formation entre 2020 et 2025, cette réforme permettra, selon les simulations prospectives du ministère, d’intégrer 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032.

À l’horizon 2030, le rendement du système atteindra 2 000 lauréats par an, contre environ 1 300 selon le modèle précédent.

Par ce décret, le gouvernement réaffirme son engagement à améliorer les conditions de formation et d’exercice des professionnels de santé, au service d’un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire national.