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Écoutez l'article Les opportunités offertes par le marché carbone pour le développement durable de l'arganiculture ont été au centre d'une table ronde organisée, samedi à Essaouira, dans le cadre de la 8e édition du Congrès International de l'Arganier.
Cette rencontre, tenue sous le thème "Marché carbone et arganiculture : opportunités de valorisation et de développement durable", a réuni chercheurs, experts et acteurs institutionnels autour des mécanismes de séquestration du carbone, du financement climatique et des perspectives de valorisation écologique et économique de l'arganier.
Les participants ont souligné que l'arganiculture pourrait constituer un levier stratégique pour renforcer la résilience des territoires arides, tout en permettant aux agriculteurs d'accéder à de nouvelles sources de revenus à travers les marchés volontaires du carbone.
Intervenant à cette occasion, le secrétaire général de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Rachid Moussadek, a indiqué que les mécanismes liés au marché carbone ouvrent de nouvelles perspectives pour les espaces vulnérables tels que l'arganeraie, notant que l'arganier, en tant que système agroforestier, présente un potentiel important en matière de séquestration du carbone.
Toutefois, plusieurs questions scientifiques et techniques restent à approfondir, notamment concernant les capacités réelles de stockage, la biomasse disponible et les conditions de durabilité des projets carbone, a-t-il ajouté.
M. Moussadek a, d'autre part, insisté sur la nécessité de développer des projets "crédibles, équitables et durables", capables de positionner l'arganiculture dans les mécanismes de finance climat et de décarbonation, tout en garantissant aux agriculteurs un accès aux financements climatiques.
De son côté, le coordinateur régional Afrique du Nord de l'Institut Africain de la Nutrition des Plantes (APNI), Hakim Boulal, a fait savoir que le passage de l'arganeraie forestière vers l'arganiculture ouvre de nouvelles perspectives de valorisation à travers le marché carbone volontaire.
Il a, dans ce sens, expliqué que ces mécanismes pourraient permettre aux agriculteurs de bénéficier de revenus complémentaires durant les premières années de croissance des plantations, avant l'entrée en production des arganiers, ajoutant que le marché carbone constitue un système de rémunération basé sur la croissance et la séquestration du carbone.
Pour sa part, le chercheur à l'INRA-Agadir, Jamal Hallam, a fait observer que les crédits carbone représentent un mécanisme complémentaire de valorisation de l'arganier, distinct des labels déjà existants liés à la qualité ou à l'origine du produit.
L'arganier présente plusieurs atouts répondant aux exigences du marché carbone, notamment en matière d'atténuation des changements climatiques, d'adaptation et de préservation de la biodiversité, en plus de la forte organisation de la filière et de l'étendue des espaces concernés, a-t-il poursuivi.
D'autres intervenants ont, quant à eux, attiré l'attention sur la nécessité de mettre en place des méthodologies scientifiques fiables, des mécanismes d'accréditation adaptés ainsi qu'une gouvernance inclusive associant institutions, agriculteurs et organisations professionnelles afin d'assurer la réussite des futurs projets carbone liés à l'arganiculture.
Cette table ronde a permis d'examiner les opportunités offertes par le marché carbone ainsi que les méthodes de mesure et de suivi du carbone dans l'arganeraie, afin d'identifier les modèles les plus adaptés à cet écosystème "fragile mais à fort potentiel".
Lors de cette rencontre, les échanges ont abouti à des propositions visant à promouvoir une arganiculture résiliente, à préserver la Réserve de Biosphère de l'Arganeraie en tant que modèle écologique unique et à améliorer les revenus des populations rurales vivant dans ces territoires.
Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 8e édition du Congrès International de l'Arganier, organisée par l’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA), en partenariat avec l'INRA, l'Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) et la Fédération Interprofessionnelle de la Filière de l'Argane (FIFARGANE), ambitionne de renforcer les échanges scientifiques et les partenariats autour du rôle stratégique de l'arganier et de son système écologique, tout en mettant en lumière les avancées réalisées dans les domaines de la recherche, de l'arganiculture et de la valorisation durable des produits dérivés.