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Écoutez l'article Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé vendredi à Rabat une série de réunions cruciales dans le cadre de la session d'avril du Dialogue social. Face aux représentants des centrales syndicales (UMT, UGTM, CDT) et du patronat (CGEM, COMADER), l'Exécutif a examiné une série de revendications axées sur la revalorisation des salaires et la protection du pouvoir d'achat. Alors que les syndicats appellent à des mesures d'urgence, le gouvernement rappelle avoir déjà mobilisé 46 milliards de dirhams pour honorer ses engagements sociaux.
Les syndicats plaident pour une revalorisation globale
Au cœur des échanges, l'amélioration de la situation de la classe ouvrière a fait l'objet d'un plaidoyer soutenu. Miloudi Moukharik, Secrétaire général de l’UMT, a qualifié de "justes et légitimes" les demandes portant sur une augmentation générale des salaires et une baisse de la pression fiscale (IR). Il a notamment proposé une réduction de la TVA et de la Taxe intérieure de consommation pour préserver le panier de la ménagère.
De son côté, l’UGTM, représentée par Enaam Mayara, a insisté sur la nécessité d'amender le Code du travail, particulièrement pour les salariés soumis à des conditions dérogatoires. La CDT, par la voix de Khalid Alami Houir, a souligné la "conjoncture délicate" liée à la hausse des prix, appelant à une mise en adéquation des pensions de retraite avec le coût de la vie actuel.
Compétitivité et réformes : la vision du patronat
Le volet économique a été abordé avec la CGEM et la COMADER. Le président de la Confédération patronale, Chakib Alj, a saisi l'occasion pour solliciter une accélération de la promulgation de la loi sur la grève et une révision du Code du travail, jugé en décalage avec les nouvelles réalités de l'emploi.
Pour le secteur agricole, Rachid Benali a alerté sur l'impact de la hausse des prix des viandes rouges et a pointé la problématique des intermédiaires qui pèse lourdement sur la rémunération des agriculteurs et le prix final pour le consommateur.
Un engagement gouvernemental de 46 milliards de dirhams
Le ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a dressé un bilan chiffré de l'action gouvernementale. L’effort financier de l’État s’élève à plus de 46 milliards de dirhams, bénéficiant à 4,25 millions de citoyens.
Secteur privé : Près de 3 millions de salariés concernés par les hausses salariales.
Secteur public : 1,25 million de bénéficiaires.
Retraites : Le gouvernement a honoré ses engagements auprès de la CNSS en abaissant le seuil de bénéfice de la pension de vieillesse de 3 240 à 1 320 jours.
D'autre part, Sekkouri a mis en avant la décision participative prise en vue de remédier à la situation des agents de sécurité qui travaillent 12 heures, mais ne sont rémunérés que pour 8 heures, affirmant que cette décision sera exécutée via la révision de l'article 197 du code du travail.
Par ailleurs, des amendements seront apportés au projet de loi 60.17 pour moderniser le système de gouvernance de la formation professionnelle continue.