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Amérique du Sud : trois élections présidentielles au programme en 2026

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lundi 05 janvier 2026
13:35
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Amérique du Sud : trois élections présidentielles au programme en 2026
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Plusieurs pays stratégiques d’Amérique du Sud s’apprêtent à retourner aux urnes en 2026, dans un climat particulièrement tendu, marqué par l’instabilité politique persistante, la fragmentation des forces partisanes et les secousses récentes au Venezuela. Pérou, Colombie et Brésil concentreront l’attention régionale et internationale : leurs élections présidentielles pourraient redessiner l’équilibre politique du sous-continent et influer sur la recomposition des rapports de force en Amérique latine.

L’année 2026 s’inscrit dans le prolongement immédiat d’une séquence électorale dense en 2025, au cours de laquelle plusieurs pays ont connu alternances, confirmations de pouvoir ou ruptures idéologiques significatives. La réélection de Daniel Noboa en Équateur, la victoire de Rodrigo Paz en Bolivie, mettant fin à deux décennies de domination socialiste, et l’alternance au Chili avec José Antonio Kast ont esquissé un reflux du cycle progressiste amorcé au début de la décennie, laissant place à une droite modérée et conservatrice regagnant du terrain.

En 2026, la bataille ne sera plus seulement celle de la conquête du pouvoir, mais de sa consolidation dans des contextes institutionnels fragilisés. Les partis de gauche, longtemps dominants, devront défendre leurs acquis face à une droite galvanisée par la lassitude électorale, la crise sécuritaire et les difficultés économiques persistantes.

Pérou : un scrutin à haut risque

Au Pérou, le scrutin prévu le 12 avril s’annonce particulièrement imprévisible. Depuis 2016, le pays a connu sept présidents, la plupart emportés par des crises politiques ou des affaires judiciaires. La condamnation de l’ancien président Pedro Castillo à plus de onze ans de prison pour sa tentative de coup d’État en décembre 2022 a profondément ébranlé la confiance dans les institutions. Sa successeure, Dina Boluarte, destituée en octobre 2025, laisse place à une présidence intérimaire assurée par José Jeri, président du Congrès, jusqu’à l’installation du prochain gouvernement.

La campagne est marquée par une extrême fragmentation des candidatures : aucun des 36 prétendants ne dépasse 14 % des intentions de vote. L’homme d’affaires Rafael Lopez Aliaga devance légèrement Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori. Une probable tenue d’un second tour rend la gouvernabilité future incertaine, quel que soit le vainqueur.

Colombie : stabilité économique, polarisation politique

En Colombie, la présidentielle du 31 mai sera scrutée avec attention par les marchés et la communauté internationale. La succession de Gustavo Petro s’annonce délicate après un mandat marqué par des réformes controversées et une polarisation accrue.

Les premiers sondages placent le sénateur de gauche Iván Cepeda en tête, devant l’avocat conservateur Abelardo de la Espriella et l’ancien gouverneur Sergio Fajardo. L’entrée en lice attendue de la droite traditionnelle, pilotée par le Centre démocratique d’Alvaro Uribe, pourrait rebattre les cartes. Le scrutin législatif du 8 mars, préalable à la présidentielle, sera un indicateur clé de la dynamique politique et idéologique du pays.

Brésil : un affrontement sous haute tension

Le Brésil conclura l’année électorale sud-américaine avec son scrutin du 4 octobre. Le président Luiz Inacio Lula da Silva brigue un nouveau mandat dans un contexte de polarisation persistante et de tensions internationales. Fait inédit, l’ancien président Jair Bolsonaro, actuellement incarcéré, soutient la candidature de son fils Flavio Bolsonaro, fragilisant la droite conservatrice et consolidant la dynamique de Lula, renforcée par les tensions commerciales avec les États-Unis.

Selon un sondage DataFolha, Lula bénéficierait d’une avance confortable, mais un éventuel second tour, prévu le 25 octobre en l’absence de majorité absolue, pourrait raviver les fractures sociales et institutionnelles.

Un enjeu régional décisif

Au-delà des résultats nationaux, ces trois scrutins pèseront lourdement sur l’orientation politique de l’Amérique du Sud, influençant la coopération régionale sur la sécurité, le commerce, l’énergie et l’intégration économique, dans un contexte mondial marqué par les rivalités géopolitiques et les transitions économiques.

L’année 2026 pourrait consacrer une stabilisation conservatrice ou un retour des progressistes sur le devant de la scène, tout en confirmant une constante régionale : la fragilité des majorités politiques et la difficulté à gouverner durablement dans des sociétés profondément polarisées.